Le 17 février dernier, le Kosovo déclarait officiellement son indépendance. Une indépendance qui était aussitôt dénoncée par les autorités serbes. Soutenue par la Russie, la Serbie estimait (à juste titre) que la souveraineté kosovare transgressait la résolution 1244 des Nations Unies, une résolution qui affirmait l’attachement de l’ONU à l’intégrité de la République fédérale de Yougoslavie (fondée en 1992).

Mais les États-Unis et 19 membres de l’Union européenne (dont le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne) ne l’ont pas entendu de la même oreille. Malgré l’opposition fulminante de Belgrade et les avertissements de Moscou, ces pays ont expressément reconnu l’indépendance du Kosovo.

En réponse à ce qu’il considérait (et considère toujours) un affront occidental, Vladimir Poutine a alors menacé la communauté internationale de « mesures de rétorsion adéquates ». Cette vengeance se déploie aujourd’hui même en Géorgie, un pays aux prises avec ses mouvements séparatistes d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud.

L’ancien président et nouveau premier ministre russe n’a jamais accepté que la Géorgie se rapproche autant des États-Unis, au point d’envisager son adhésion à l’OTAN. En soutenant les velléités indépendantistes des Abkhazes et des Ossètes, la Russie souhaite faire pression et déstabiliser le gouvernement de Mikhail Saakachvili qui ne cesse de vilipender Moscou depuis son arrivée au pouvoir en 2004 (avec la Révolution des Roses).

C’est dans ce contexte d’hostilité croissante que la Russie a annoncé le 29 avril un renforcement de ses troupes de maintien de la paix en Abkhazie, où elle accuse Tbilissi de préparer une attaque afin de rétablir son autorité. Une allégation pertinente si l’on en croit la destruction, 9 jours auparavant, d’un drone géorgien par Soukhoumi, capitale de la république autoproclamée d’Abkhazie, alors qu’il effectuait un prétendu vol de reconnaissance pour le compte du Ministère géorgien de l’Intérieur.

Les autorités géorgiennes voient évidemment d’un mauvais œil ce déploiement de soldats russes supplémentaires dans la région séparatiste et décrivent cette mesure comme le début d’une agression militaire de grande ampleur. Une véritable crise russo-géorgienne se profile à l’horizon.

Quand les Kosovars sèment le vent de l’indépendance, les Géorgiens récoltent la tempête sécessionniste. C’est la leçon que les Occidentaux, qui soutiennent la Géorgie, pourraient tirer de ces récents développements. Morale : Réfléchir à deux fois avant d’accorder la reconnaissance étatique à n’importe qui.

Quelle joie pour un étudiant de géopolitique comme moi de pouvoir assister à la conférence d’un géopolitologue de renom, figure incontournable de l’école géopolitique française. Je veux bien sûr parler de Frédéric Encel dont je vous recommande vivement la lecture.

Spécialiste du conflit proche-oriental, Frédéric Encel était de passage à Montréal dans le cadre de la parution de son nouvel ouvrage intitulé « Atlas géopolitique d’Israël ». (Je n’avais jamais réalisé à quel point faire de la pub pouvait rendre les gens heureux !). Sa conférence avait pour thème les perspectives de paix israélo-palestiniennes. Petit condensé d’une conférence riche en idées.

Frédéric Encel n’y va pas par quatre chemins : il débute en revendiquant l’objectivité mais reconnaît que la neutralité n’existe pas, surtout lorsque l’on traite d’un sujet aussi sensible que celui du conflit israélo-palestinien. Pour lui, la neutralité c’est vraiment « aller au fond de la subjectivité des uns et des autres » pour mieux comprendre les perceptions, les représentations de chacun. Mais, attention: comprendre n’est pas souscrire.

Selon Frédéric Encel, la Conférence d’Annapolis (novembre 2007) a été un véritable fiasco pour la simple et bonne raison qu’elle est « bâtit sur des faiblesses » : les gros contentieux n’ont pas été abordés (statut de Jérusalem, retour des réfugiés palestiniens, tracés des frontières); les principaux acteurs de la Conférence (Bush, Olmert, Abbas) ne jouissaient d’aucune crédibilité et de légitimité auprès de leur opinion politique. Au contraire, ils étaient tous plus ou moins désavoués dans leur pays respectif.

À court terme, le géopolitologue français demeure pessimiste et ne prévoit aucun développement positif. Surtout que le Hamas (une organisation terroriste selon les autorités israéliennes) a pris le contrôle de la bande de Gaza et menace constamment les intérêts israéliens. Cette prise du pouvoir ne rend pas non plus service à un Président de l’Autorité Palestinienne (Abbas) qui doit jouer le jeu démocratique tout en négociant avec le Hamas.

Encel attire aussi l’attention sur un aspect souvent oublié par le « commun des mortels » : la présence prégnante de dissension interne. Les Israéliens se déchirent sur la question et leurs positions vont de la paix (même à n’importe quel prix) à la confrontation (à tout prix). Le même pluralisme idéologique se retrouve également chez les Palestiniens. Il faut se rappeler que le conflit israélo-palestinien n’est plus strictement interethnique mais intraethnique.

En revanche, Encel devient beaucoup plus optimiste quand il réfléchit sur le moyen et le long terme. Déjà, une majorité de palestiniens ont renoncé à la confrontation systématique avec l’État israélien et souhaite une Palestine indépendante à ses côtés. Une conjonction de politiciens pragmatiques au pouvoir reste plausible et pourrait permettre des avancées importantes dans la résolution du conflit proche-oriental.

Une réflexion toute personnelle après cette conférence enrichissante. Je suis entièrement d’accord en ce qui à attrait à la nécessité de l’établissement d’un État palestinien mais… pas à n’importe quel prix. Pas au prix de la démocratie. Si c’est pour créer une dictature ou un État fantoche qui déclenchera une guerre contre Israël à la première occasion, non merci.

Karl est un mathématicien introverti. Assistant dans une compagnie d’assurances, une brillante carrière s’ouvre devant lui… mais il s’ennuie. Tout bascule le jour où il rencontre Hans, un jeune homme insouciant, dans une compagnie de location de voitures. De cette rencontre va naître une amitié qui comblera parfaitement leur désir partagé de conduire des voitures de luxes et de s’amuser. La présence de Stelle, petite amie de Hans, viendra bouleverser l’amitié atypique et sincère entre les deux hommes.

Un ami à moi, comédie dramatique allemande de Sebastian Schipper
1h24, sorti en 2006
Avec Daniel Brühl (Karl), Jürgen Vogel (Hans), Sabine Timoteo (Stelle), Peter Kurth (Fernandez) et Michael Wittenborn (Naumann)…
Note : 10/20

Avoir un meilleur ami qui travaille dans un institut culturel allemand procure parfois quelques avantages, notamment celui de pouvoir assister gratuitement à la projection de films inédits. C’est dans ce cadre que j’ai eu l’occasion de découvrir cette comédie à petit budget. La présence de Daniel Brühl au générique du film était encourageante. Je l’avais déjà repéré dans quelques films (Good Bye Lenin, Was nützt die Liebe in Gedanken, Joyeux Noël, Salvador) que j’avais particulièrement appréciés. Mais celui-ci ne m’a pas vraiment emballé. Disons le franchement : ce film m’a laissé froid.

Ce n’est pourtant pas la faute des acteurs qui interprètent le plus souvent leur personnage avec justesse. Brühl et Vogel sont très convaincants en amis farfelus qui ne songent qu’à faire les 400 coups dans une insouciance des plus consternantes (les deux olibrius vont même jusqu’à déambuler nus dans un aéroport ! – invraisemblable mais loufoque).

Ce n’est pas non plus la faute du cinéaste. En optant pour un cinéma réaliste, la réalisation reste honnête et sobre. Les nombreuses séquences silencieuses insufflent au film une teneur mélodramatique. Les plans de caméra accentuent cette charge émotive.

À la fin de la projection, on a quand même l’impression que quelque chose manque au film, quelque chose qui l’empêche de se démarquer… Après mûres réflexions, c’est bien le manque d’originalité qui fait défaut. L’histoire d’amitié que développe Schipper dans son film est d’un ennui total. Le triangle amoureux qui se crée entre Karl, Hans et Stelle est abordé avec un décevant prosaïsme. La prévisibilité du récit ajoute à la platitude du film.

L’incohérence psychologique de Karl dérange (tantôt se comportant comme un adolescent, tantôt agissant en adulte responsable qui ramène son ami à la dure réalité de la vie). Certaines scènes sont lourdes et n’apportent aucun développement intéressant dans la progression du scénario. Bref, un petit film très moyen. Ne pas trop s’attarder.

Bien que je sois très occupé à l’université ces jours-ci, je ne pouvais pas rater une si belle occasion de souligner le couronnement du nouveau tsar Dmitri Medvedev. Je vous brosse ici un portrait biographique sommaire de cette personnalité de l’année en Russie.

« Клянусь при осуществлении полномочий президента Российской Федерации уважать и охранять права и свободы человека и гражданина, соблюдать и защищать Конституцию Российской Федерации, защищать суверенитет и независимость, безопасность и целостность государства, верно служить народу. »

“Je jure, en vertu des pouvoirs qui me sont conférés en tant que Président de la Fédération russe, de respecter et de protéger les droits et libertés de l’Homme et du citoyen, de respecter et défendre la Constitution de la Fédération de Russie, de défendre la souveraineté et l’indépendance, la sécurité et l’intégrité de l’Etat, de servir fidèlement le peuple”.

C’est avec ce serment que Dmitri Medvedev devenait officiellement le troisième président russe depuis la chute de l’Union soviétique en 1991, après Boris Eltsine et Vladimir Poutine. Né le 14 septembre 1965 à Leningrad (actuelle Saint-Pétersbourg), Dmitri Anatolievitch Medvedev est le fils unique d’un couple de professeurs. Diplômé de la faculté de droit civil de l’Université de Leningrad en 1987, il obtient son doctorat en 1990.

De 1990 à 1999, il enseigne le droit à l’Université d’État de Saint-Pétersbourg. En parallèle, il occupe le siège de conseiller du président du Conseil municipal de Leningrad Anatoli Sobtchak de 1990 à 1995. Il est ensuite chargé de la mise au point de divers contrats et projets d’investissements auprès du Comité des relations extérieures de la mairie de Saint-Pétersbourg, alors sous la direction de Vladimir Poutine. Un Poutine qu’il ne quittera plus.

En décembre 1999, il devient le directeur adjoint de l’administration présidentielle puis premier directeur adjoint en 2000. La même année, Poutine le place à la tête du groupe Gazprom. En octobre 2003, il devient chef de l’administration du Kremlin. Nommé vice-premier ministre en novembre 2005, il est désigné candidat à l’élection présidentielle deux ans plus tard. Il est finalement élu sans surprise le 2 mars 2008 au premier tour de l’élection présidentielle russe.

Petite anecdote. Il y a huit ans, Boris Eltsine avait laissé à son successeur le stylo qu’il avait utilisé pour signer et promulguer les lois. Dans une interview accordée le mois dernier à un journal russe, Vladimir Poutine a confié qu’il le garderait, plutôt que de l’offrir à son successeur… Acte symbolique ou simple attachement sentimental ?

Assane, un jeune Sénégalais, décide de quitter son pays d’origine pour émigrer en Italie. Naufragé clandestin, il est arrêté et transféré en Sicile où il doit être reconduit au Sénégal. Il se débrouille pour s’enfuir près de Naples. Là-bas, un cousin, Makhtar, lui a promis du travail. Mais ce petit boulot est instable et l’environnement malsain. Il part alors pour Florence voir Salimata, une cousine dont la mère est française et qui est mannequin. Elle pourra l’héberger et lui trouver du travail jusqu’à ce que ses papiers soient en règle…

Lettres du Sahara, drame italien de Vittorio de Seta
2h03, sélection officielle de la Mostra de Venise 2006
Avec Djibril Kébé (Assane), Paola Rajmone Rondo (Caterina), Madawass Kébé (Makhtar), Fifi Cisse (Salimata), Stefano Saccotelli (Don Sandro)…
Note : 12/20

Pour échapper à la famine, aux catastrophes et aux guerres, des millions d’hommes de langues, cultures et religions différentes émigrent vers les pays riches. Cela engendre épreuves, déracinements et discriminations, mais aussi communication et espoir.” Cet intertitre donne le ton dès les premières images de ce film engagé de De Seta.

De l’espoir au désenchantement, de sa périlleuse traversée de la Méditerranée à son au combat contre le racisme et pour la dignité humaine, le public accompagne Assane dans son périple tumultueux qui le mènera tantôt à Naples, tantôt à Florence ou encore à Turin. Un voyage initiatique au cours duquel le clandestin africain va se livrer à une véritable introspection, exercice salutaire qui renforcera son être et transformera à jamais sa vision de l’Occident. Après maintes péripéties, il retournera finalement dans sa terre natale avec la sereine conviction d’y recouvrer l’essence même de son existence : sa famille, sa culture, ses racines.

Dans son film, De Seta s’intéresse au vécu immigré, à son ressenti. Il propose une vision humaniste de l’immigré, vision qui tranche nettement avec les préjugés populaires. Le cinéaste veut rompre avec ce cliché du clandestin bandit, voleur et meurtrier que l’on colle si souvent à la peau de ces Africains qui ont tout quitté pour mener une vie meilleure en Europe.

On pourrait reprocher le manque de naturel des comédiens, l’invraisemblance des scènes de combat, la morale insistante du cinéaste sur certaines valeurs (charité, solidarité active, compréhension de l’autre…). Mais l’œuvre de De Seta tient moins de l’artistique que du documentaire. D’ailleurs, l’épisode du retour d’Assane au Sénégal aurait très bien pu faire partie de la programmation d’une émission comme « Thalassa » ou « Des racines et des ailes ».

En revanche, on se serait bien passé de l’une des dernières scènes du film dans laquelle Assane et son professeur se livrent à une critique acerbe, haineuse et démagogique de l’Occident devant un jeune auditoire d’écoliers. Est-on obligé de diaboliser à ce point les Européens pour écarter de l’esprit des jeunes africains toute envie d’immigrer vers les pays riches ? Je crois pour ma part qu’un dialogue culturel est nécessaire.

Qui connaît aujourd’hui l’existence de la très discrète et autoproclamée République moldave de Transnistrie ? Depuis l’éclatement de l’URSS, cette région séparatiste de Moldavie est considérée par la communauté internationale comme un trou noir aux portes de l’Europe élargie. Sur son minuscule territoire de 4000 km² se dissimule les plus grands entrepôts de munitions et d’armements d’Europe ! Un héritage explosif de l’Armée Rouge.

C’est au cours d’une recherche documentaire, dans le cadre d’un cours de droit international, que je suis tombé par hasard sur ce fascinant carnet de route du journaliste français Xavier Deleu. Ce n’était pas la première fois que j’entendais parler de la Transnistrie. En 2006, à l’occasion d’un référendum en faveur de son indépendance, j’avais rédigé dans une revue universitaire un article de fond sur la situation politique de ce pseudo-État. Passionné par la Russie et l’espace post-soviétique, je ne pouvais passer à côté d’un tel ouvrage. Un pur régal.

Écrit sur le vif, lors du tournage d’un documentaire télévisé, l’ouvrage de Deleu invite à la découverte de ce pays de l’Est, inconnu du grand public, dont le statut étatique n’a jamais été reconnu par la communauté internationale. Pas même par les Russes qui soutiennent ouvertement cette zone moldave dissidente. Pourtant, ce n’est pas faute de réunir tous les attributs d’un État : la Transnistrie dispose de sa constitution, son drapeau, son hymne, son président, son gouvernement, ses frontières gardées, son passeport, sa monnaie, sa banque centrale, son armée, ses universités d’État, et j’en passe…

C’est l’adoption d’une loi faisant de la langue moldave (roumanophone) la seule langue officielle de la Moldavie qui déclenche, dès 1990, les velléités sécessionnistes des Russes et des Ukrainiens (slavophones) de Transnistrie, région orientale de la Moldavie. L’éventualité d’une réunification de la Roumanie et de la Moldavie alarme alors sérieusement les Transnistriens qui réclament leur autonomie. À l’occasion d’un référendum tenu en décembre 1991, la population de Transnistrie se prononce finalement pour l’indépendance pure et simple de son territoire, avec Tiraspol comme capitale. Une guerre éclate alors en 1992 entre les autorités moldaves et les forces armées des Transnistriens. Avec le soutien de la 14e armée russe stationnée en Transnistrie, l’administration moldave doit capituler et accepter un cessez-le-feu.

De nos jours, ce conflit n’est toujours pas réglé. La Moldavie revendique toujours son intégrité territoriale et ne reconnaît pas l’État transnistrien. De l’autre côté du Dniestr, fleuve séparant les deux entités politiques, les Transnistriens réclament la reconnaissance étatique… pour s’intégrer dans la Fédération russe !

Ne soyons pas dupes, avertit toutefois Deleu. Derrière ses revendications indépendantistes transnistriennes se cache une toute autre réalité : le commerce illicite d’armes. C’est la principale activité du régime néo-communiste et autoritaire en place. L’auteur peut d’ailleurs en témoigner. Lui et son équipe se sont fait passer pour une société privée cherchant à se procurer des armes illégales en Transnistrie. Cette mission rocambolesque à la James Bond a permis de mettre à jour un marché rentable des armes, implanté depuis longtemps dans cette région de non-droit. Un commerce qui alimente en armes les rebelles du Darfour ou encore les organisations terroristes d’Irak, d’Afghanistan et du Liban.

Mais ce n’est pas tout : ce pays est également une plaque tournante importante du commerce de la drogue. On comprend vite que l’intérêt du gouvernement de Tiraspol est de conserver à tout prix le statu quo actuel, situation confortable qui lui permet de poursuivre ses activités commerciales de ventes d’armes et de drogue à travers le monde en toute impunité. En effet, le droit international ne s’applique pas dans cette zone de conflit gelé.

Xavier Deleu brossse ici un tableau géopolitique des plus inquiétants. La réalité d’un arsenal militaire en Transnistrie, hérité de l’époque soviétique, menace la sécurité de l’Union Européenne… et celle du monde. Un livre captivant et déroutant qui dévoile les véritables enjeux locaux, régionaux et internationaux d’une région trop souvent ignorée.

La rumeur a fait le tour du monde. Vladimir Poutine vient de se retirer de la politique russe pour se consacrer à sa nouvelle passion. Comment ?… Vous n’êtes pas au courant ?… Allez, devinez !… Que dites-vous ?… Non, ce n’est pas la chasse aux terroristes tchétchènes. Pardon ?… Non, ce n’est pas non plus le soutien de l’indépendance des peuples Abkhazes et Ossètes en Géorgie. Allez, je vous laisse une dernière chance… Vous croyez avoir trouvé ?… Non, ce n’est pas une énième coupe d’alimentation en gaz à l’encontre d’un pays européen. Quoi ?… Vous abandonnez ?… Bon.

La nouvelle passion de Poutine, c’est la photographie. N’importe quoi, vous entend-je dire ? Pourtant, il vient tout juste de se porter acquéreur d’un nouvel appareil photographique jetable pour s’adonner à ce nouveau passe-temps récréatif. Un véritable petit bijou qui répond au doux nom de Medvedev. Quoi ?… Vous ne comprenez plus rien ?… Ça vous intrigue ?… Le principe du prêt à photographier est pourtant simple. Communément appelé « jetable », cet accessoire ne s’utilise normalement qu’une seule fois : vous l’achetez, vous faites vos photos, puis un laboratoire extrait la pellicule qu’il contient. Il est conçu pour ne pas resservir et est généralement détruit après usage. Son prix de revient devant être le plus bas possible, ce produit est généralement fabriqué en Chine… mais celui de Poutine provient de Russie (il faut bien faire prospérer le commerce local !).

Le jetable Medvedev est l’accessoire rêvé pour pouvoir faire de belles photos. Poutine va se délecter avec ce petit automate. Il n’aura qu’à appuyer sur le déclencheur en haut pour libérer le bras de son Medvedev qui actionnera l’obturateur. Si notre photographe en herbe veut une photo avec le flash, il devra simplement maintenir son doigt sur un bouton placé au devant de son jetable Medvedev. La pellicule étant déjà posée à l’intérieur, Poutine n’aura qu’à tourner la molette du haut qui se rembobinera dans sa cartouche. Le compteur décomptera les photos et lorsqu’il arrivera à zéro, la pellicule sera terminée. Il faudra alors la faire développer puis vérifier la qualité des prises de vue de Medvedev. Vladimir Poutine dispose de 48 poses (1 par mois, avec la garantie de 4 ans) avec son jetable Medvedev.

À noter qu’il est toujours possible que Poutine ouvre malencontreusement ou intentionnellement son appareil. Dans ce cas de figure, le jetable Medvedev ne pourra pas être développé et devra tout bonnement être jeté à la poubelle. Gageons que l’engouement passionnel de Poutine pour son nouveau jetable s’estompera avec le temps et qu’il reprendra bien vite ses activités de prédilection à la tête de la Fédération russe, au plus tard dans 4 ans.

Le 14 avril dernier, les Italiens offraient à Silvio Berlusconi un troisième mandat à la présidence du Conseil italien lors d’élections législatives anticipées, élections qui faisaient suite à la démission de Romano Prodi en janvier. La réélection du Cavaliere à la tête de l’État italien devrait faire les choux gras de Nicolas Sarkozy tant ses intérêts coïncident avec ceux du play-boy italien. “La première chose que je ferai après le vote sera d’appeler Sarkozy car j’ai été le premier qu’il a appelé après son élection“, avait dit le chef de la droite italienne avant sa victoire aux législatives.

Le fait que les deux hommes d’États se connaissent depuis longtemps est loin d’être fortuit. Des connivences idéologiques aux considérations stratégiques communes, en passant par une approche similaire très « show-business » de la politique politicienne, inutile de vous cacher que le couple Berlusconi/Sarkozy devrait filer le parfait amour d’ici quelques mois. C’est d’ailleurs très vraisemblablement lors de la PFUE (Présidence française de l’Union Européenne) que Sarkozy déclarera sa flamme au milliardaire italien. Il faut dire que les deux tourtereaux ont beaucoup de traits en commun.

Sur le plan idéologique d’abord. Ces deux chantres du libéralisme partagent la même admiration pour le modèle économique américain qu’ils voudraient bien voir implanter dans leur propre pays respectif. Sarkozy l’a assez répété : il veut renforcer la compétitivité de l’économie française. Adopté en août 2007, son « paquet fiscal » s’inscrit directement dans cette logique. De son côté, Berlusconi désire stimuler l’économie italienne à coup de baisse d’impôts et de privatisations. Des investissements dans les infrastructures du pays devraient, selon lui, redonner de la vigueur économique à son pays.

Cette vénération quasi béate pour les États-Unis se manifeste également dans leur stratégie politico-militaire. L’atlantisme affiché des deux hommes d’affaires n’est plus un secret pour personnes. Si l’un a combattu dès 2003 aux côtés de Washington lors de l’invasion américaine en Irak, l’autre vient tout juste de formuler le souhait de réintégrer l’OTAN et de dépêcher un contingent militaire d’environ 700 hommes pour renforcer l’effort tactique en Afghanistan.

Enfin, des préoccupations sécuritaires partagées pourraient favoriser la mise en œuvre du projet d’Union de la Méditerranée prônée par Sarkozy. En effet, la hausse significative du nombre d’immigrés clandestins en Europe représente une menace tangible pour la sécurité intérieure des pays riverains de la Méditerranée. Dans cette optique, Sarkozy se lancera dans une véritable offensive de séduction pour courtiser son homologue italien… Il y aura de l’amour et de la rumba dans l’air pour les deux chefs d’États. Mais… leur smoking sera-t-il vraiment de travers ?




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