Une nouvelle demande de participation se fait jour dans les démocraties. Sous des formes variées (blogs, forums, journalisme participatif, conférences de consensus, concertations…), elle exprime une insatisfaction à l’égard de la démocratie représentative comme de ses médiations traditionnelles. Comment donner corps à ce « nouvel esprit de la démocratie » sans succomber aux faux-semblants d’une rhétorique de la proximité ? Comment faire vivre cet impératif de participation des citoyens sans sortir du cadre de la démocratie représentative ? Comment penser les dispositifs susceptibles de réaliser ce nouvel idéal ? C’est à ces questions cruciales que répond le livre de Loïc Blondiaux.
Grande déception. Le thème était pourtant prometteur: l’avènement de la démocratie participative, c’est-à-dire le renforcement de la participation des citoyens dans la prise de décision politique. Il est vrai que ce concept, stimulant en soi, est déjà depuis plusieurs années à l’ordre du jour. Le Premier ministre britannique Tony Blair et le président brésilien Lula da Silva s’en sont fait souvent les promoteurs au sein de leur parti respectif.
Certains n’hésitent d’ailleurs pas à voir dans cette « montée en puissance de la parole citoyenne » les symptômes tocqueviliens d’un progrès inéluctable du sentiment d’égalité, qui obligeraient désormais le pouvoir à faire droit aux intérêts particuliers, aux émotions et aux souffrances de chacun, dans une dilution attendue de toute forme d’autorité collective. Cet idéal participatif chercherait, en quelque sorte, à démocratiser la représentation « passive » par la participation « active » des citoyens.
De ce programme mobilisateur pour un nouveau projet démocratique, Loïc Blondiaux n’en retire malheureusement qu’une analyse médiocre, qui ne fait qu’effleurer le sujet et passe sous silence des éléments conceptuels pourtant essentiels à la compréhension des enjeux politiques que la démocratie participative cristallise dans l’arène politique. L’auteur se perd ainsi dans des terminologies alambiquées et nébuleuses, dont on se demande s’il en saisit bien le sens.
Un jargon sociologique des plus soporifiques vient finalement plonger le lecteur dans une déroute complète, une confusion générale. La conclusion proposée par Blondiaux est si banale qu’elle en devient dérisoire. Un livre décevant qui manque cruellement de profondeur épistémologique, de discussion philosophique et de recul théorique. A éviter.
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Tags: Brésil, France, Grande-Bretagne, Société
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