Lettere dal Sahara, de Vittorio de Seta (2006)

05Mai08

Assane, un jeune Sénégalais, décide de quitter son pays d’origine pour émigrer en Italie. Naufragé clandestin, il est arrêté et transféré en Sicile où il doit être reconduit au Sénégal. Il se débrouille pour s’enfuir près de Naples. Là-bas, un cousin, Makhtar, lui a promis du travail. Mais ce petit boulot est instable et l’environnement malsain. Il part alors pour Florence voir Salimata, une cousine dont la mère est française et qui est mannequin. Elle pourra l’héberger et lui trouver du travail jusqu’à ce que ses papiers soient en règle…

Lettres du Sahara, drame italien de Vittorio de Seta
2h03, sélection officielle de la Mostra de Venise 2006
Avec Djibril Kébé (Assane), Paola Rajmone Rondo (Caterina), Madawass Kébé (Makhtar), Fifi Cisse (Salimata), Stefano Saccotelli (Don Sandro)…
Note : 12/20

« Pour échapper à la famine, aux catastrophes et aux guerres, des millions d’hommes de langues, cultures et religions différentes émigrent vers les pays riches. Cela engendre épreuves, déracinements et discriminations, mais aussi communication et espoir. » Cet intertitre donne le ton dès les premières images de ce film engagé de De Seta.

De l’espoir au désenchantement, de sa périlleuse traversée de la Méditerranée à son au combat contre le racisme et pour la dignité humaine, le public accompagne Assane dans son périple tumultueux qui le mènera tantôt à Naples, tantôt à Florence ou encore à Turin. Un voyage initiatique au cours duquel le clandestin africain va se livrer à une véritable introspection, exercice salutaire qui renforcera son être et transformera à jamais sa vision de l’Occident. Après maintes péripéties, il retournera finalement dans sa terre natale avec la sereine conviction d’y recouvrer l’essence même de son existence : sa famille, sa culture, ses racines.

Dans son film, De Seta s’intéresse au vécu immigré, à son ressenti. Il propose une vision humaniste de l’immigré, vision qui tranche nettement avec les préjugés populaires. Le cinéaste veut rompre avec ce cliché du clandestin bandit, voleur et meurtrier que l’on colle si souvent à la peau de ces Africains qui ont tout quitté pour mener une vie meilleure en Europe.

On pourrait reprocher le manque de naturel des comédiens, l’invraisemblance des scènes de combat, la morale insistante du cinéaste sur certaines valeurs (charité, solidarité active, compréhension de l’autre…). Mais l’œuvre de De Seta tient moins de l’artistique que du documentaire. D’ailleurs, l’épisode du retour d’Assane au Sénégal aurait très bien pu faire partie de la programmation d’une émission comme « Thalassa » ou « Des racines et des ailes ».

En revanche, on se serait bien passé de l’une des dernières scènes du film dans laquelle Assane et son professeur se livrent à une critique acerbe, haineuse et démagogique de l’Occident devant un jeune auditoire d’écoliers. Est-on obligé de diaboliser à ce point les Européens pour écarter de l’esprit des jeunes africains toute envie d’immigrer vers les pays riches ? Je crois pour ma part qu’un dialogue culturel est nécessaire.

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