Im Westen nichts Neues, de Erich Maria Remarque

13Mai08

« Quand nous partons, nous ne sommes que de vulgaires soldats, maussades ou de bonne humeur et, quand nous arrivons dans la zone où commence le front, nous sommes devenus des hommes-bêtes ». Témoignage d’un simple soldat allemand de la guerre 1914-1918, Im Westen nichts Neues (À l’ouest rien de nouveau, en français), roman pacifiste, réaliste et bouleversant, connut, dès sa parution en 1928, un succès mondial retentissant et reste l’un des ouvrages les plus remarquables sur la monstruosité de la guerre.

Maintes fois conseillé par nombre de mes professeurs au collège et au lycée, j’avais toujours eu envie de lire ce célèbre roman de guerre. Mais, par un caprice du destin, je n’avais pu jusqu’alors étancher cette soif littéraire. Quelle ne fût pas mon étonnement, en parcourant les quelques 220 pages que contient ce bouquin, de prendre conscience que j’étais là en présence d’un véritable petit bijou historique ! Mieux vaut tard que jamais…

Cette chronique, certes romancée mais ô combien réaliste, est celle de Paul Baümer, un jeune allemand de 19 ans qui s’enrôle dans l’armée avec ses camarades de classe sous l’impulsion patriotique (et la pression dogmatique) de son professeur Kantorek. Une fois arrivé au front, Baümer connaîtra la dure réalité militaire de l’époque, celle de la perversité de la hiérarchie (le Caporal Himmelstoss prend un sadique plaisir à tyranniser Baümer et ses collègues), celle du rationnement alimentaire (avec le combat permanent des soldats pour défendre la nourriture contre les razzias dévastatrices des rats), celle de la difficile perte de ses compagnons d’armes (qui périssent les uns après les autres dans d’atroces souffrances) ou encore celle des expéditions massives et suicidaires prescrites par la guerre de position dans laquelle la conquête ou la perte de quelques centimètres de terre représentait un succès considérable pour le vainqueur mais une défaite accablante pour l’ennemi.

À la lecture du récit, on se sent littéralement téléporter dans l’univers froid, tendu et morbide des tranchées. Le réalisme des descriptions de Remarque est tout simplement saisissant. Pas étonnant d’apprendre que l’auteur fût effectivement envoyé au front de l’ouest sous le drapeau allemand en 1916. L’ouvrage est un témoignage authentique du quotidien des soldats de ce qui devait être la « der des der ». Farouchement pacifiste, Remarque nourrit la réflexion philosophique autour de l’absurdité de la guerre.

Avec la mort récente de Lazare Ponticelli, le dernier poilu français, des intellectuels se sont inquiétés de la possible perte de « mémoire collective » engendrée par la disparition de ces témoins de la Première guerre mondiale. Espérons que l’existence de ce livre, ainsi que d’autres documents d’archives télévisuels, radiophoniques ou littéraires sauront rappeler à l’humanité les erreurs du passé.

Publicités


No Responses Yet to “Im Westen nichts Neues, de Erich Maria Remarque”

  1. Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :