Série noire, d’Alain Corneau (1979)

16Mai08

Franck, représentant de commerce, traîne son existence minable dans la triste banlieue parisienne. Ce porte-à-porte laborieux fait bientôt la rencontre de Mona, une adolescente de 17 ans. Ils se découvrent un même but : fuir leur morne condition, quitte à employer les grands moyens les plus… expéditifs !

Film français d’Alain Corneau
1h51, sorti en 1979
Avec Patrick Dewaere (Frank Poupart), Marie Trintignant (Mona), Bernard Blier (Staplin), Myriam Boyer (Jeanne Poupart), Jeanne Herviale (la tante), Andreas Katsulas (Andreas Tikidès)…
Note : 14/20

Série noire. Le film porte mal son titre. Il aurait dû s’intituler « Hors-série noir ». Car ce film est atypique, bizarre, excentrique, surprenant même. Vous me direz, c’est un polar. Certes. Mais ce n’est pas un polar français, pas à la mode de chez nous en tout cas. C’est une étrangeté, un O.F.N.I. (Objet filmé non identifié) du cinéma français.

Série noire. C’est un film noir. Noir dans son sens le plus littéral, pris au premier degré. Déjà le décor parle de lui-même : banlieue parisienne (plus précisément la banlieue sud : Créteil) en hiver. Pluie, neige, ciel nuageux. Ici, le soleil est aux abonnés absents. Il est ailleurs, si jamais il existe… Il en va de même pour la joie. Personne n’est heureux dans ce film. Seul Franck Poupart, personnage original d’une excentricité stupéfiante brillamment interprété par Dewaere, réussit parfois à s’amuser, à se détendre, à se relâcher (il chante, il danse, il boit, il fait l’amour)… mais ne serait-ce pas pour oublier sa « chienne de vie » ?

Série noire. Noir comme le deuil. Le film porte en effet le deuil de 5 des 6 acteurs principaux (seule Myriam Boyer est encore en vie). Parmi eux, trois morts tragiques : Patrick Dewaere s’est suicidé à 34 ans, Marie Trintignant a succombé d’un œdème cérébral à 41 ans, Andreas Katsulas est mort à l’âge de 50 ans du cancer des poumons. Il n’y a que l’inoubliable Bernard Blier (73 ans) et Jeanne Herviale (80 ans) qui s’en sont bien « tirés », du coup.

Série noire. C’est aussi l’anecdote des costumes. Le réalisateur se serait procuré l’ensemble des costumes du film chez « Tante Marie », une boutique vestimentaire bon marché… très bon marché, à Barbès dans le 18e.

Série noire. À voir pour… broyer du noir.

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