C’est fini la comédie !

17Mai08

On s’en doutait déjà depuis longtemps… très longtemps à vrai dire. Seules les preuves manquaient. Mais le pot aux roses a finalement été découvert et révélé jeudi dernier: Interpol a confirmé l’authenticité des documents trouvés dans l’ordinateur de Raul Reyes (numéro deux des FARC, abattu le 1er mars par l’armée colombienne lors d’un raid en Équateur) qui prouvent que le président vénézuélien Hugo Chavez a bel et bien financé et armée la guérilla marxiste des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) depuis plusieurs années.

Bien sûr, le caudillo n’a pas manqué de discréditer l’annonce de l’Organisation internationale de police criminelle en la qualifiant de « show de clowns ». Mais c’est lui, le clown. C’est lui qui a envoyé 300 millions de dollars au groupuscule terroriste colombien, lui qui a perçu 150 millions de dollars des mêmes révolutionnaires marxistes alors qu’il était emprisonné pour tentative de coup d’État en 1992.

C’est encore lui qui a annoncé la création d’une réserve militaire pour « propager la révolution bolivarienne (néo-marxiste) à l’ensemble du sous-continent américain », lui qui entretient des liens amicaux avec les plus grands despotes de notre époque (Fidel Castro, Mouammar Kadhafi, Alexandre Loukachenko, Mahmoud Ahmadinejad), lui qui a déclaré qu’Israël était un « État fasciste », lui qui vient tout juste d’accuser la chancelière allemande Angela Merkel d’être « l’héritière d’Adolf Hitler », lui qui compare le Fond monétaire international (FMI) à « Dracula » alors qu’il se garde bien de redistribuer ne serait-ce qu’une infime partie de la rente pétrolière de son pays au peuple vénézuélien.

C’est toujours lui qui étouffe graduellement la voix des médias vénézuéliens ayant une attitude critique à son égard, lui qui a promu son cousin à la vice-présidence du groupe Petroleos (compagnie pétrolière d’État), lui qui a organisé un référendum constitutionnel (heureusement rejeté) afin d’abolir toute limite du nombre de mandats présidentiels, enfin lui qui n’a pas hésité à liquider certains de ses adversaires politiques.

Non. Décidément, le clown Chavez ne fait plus rire personne. C’est fini la comédie ! Il faut baisser le rideau. La France ne peut plus jouer les crédules et doit s’opposer à ce régime autoritaire, refuser de négocier avec un sympathisant terroriste… Même si cela doit se faire au prix de la vie d’Ingrid Betancourt (de toute façon, Hugo Chavez n’est pas indispensable à la libération de l’otage franco-colombienne).

Publicités


8 Responses to “C’est fini la comédie !”

  1. 1 jemdem

    Quel article de piètre qualité.
    Je ne discute pas ici les faits, mais qualifier de caudillo un président élu au suffrage universel est sans fondement.
    « Mais c’est lui le clown », on croirait entendre un enfant de 7 ans dire « c’est celui qui le dit qui l’est (et nananère) ».
    Traiter Israël d’Etat fasciste est par contre nettement plus défendable, d’un point de vue scientifique.
    Comparer le FMI à Dracula, est un peu simple comme image, mais très pertinent d’un point de vue symbolique. Toute personne se penchant un peu sur l’action du FMI ces 40 dernières années constatera sans ambigüité que son action est financièrement désastreuse pour les pays qui ne font partie de son Conseil d’administration. Même Joseph Stiglitz, ex-économiste en chef de la Banque Mondiale (qu’on ne peut vraiment pas accuser de partialité), ayant assisté de l’intérieur au déroulement de l’action de ces deux institutions, a écrit un livre (La Grande Désillusion) mettant en évidence et critiquant leur action. Pour ne prendre qu’un exemple, que j’ai étudié en détail, la crise financière qui a ravagé l’Argentine en 2001 (dont elle se relève à peine et très difficilement) lui est directement imputable.
    Dire que Chavez « se garde bien de redistribuer ne serait-ce qu’une infime partie de la rente pétrolière de son pays au peuple vénézuélien » est tout simplement et totalement faux. Il a fait bien plus à se sujet que la plupart des présidents précédents et il vient justement de créer un nouvel impôt sur les plus grosses compagnies pétrolières qui sont encore privées et qui autrement ne profiteraient absolument pas au Venezuela, mais uniquement à ses propriétaires états-uniens. Dois-je rappeler qu’une compagnie d’Etat est soumise à un contrôle démocratique de ses recettes, et non une compagnie privée?
    « lui qui a organisé un référendum constitutionnel (heureusement rejeté) afin d’abolir toute limite du nombre de mandats présidentiels » est-il nécessaire de rappeler que cette horrible loi qui fut « heureusement rejetée » a cours en France, le « Pays de la Démocratie »?
    « La France ne peut plus jouer les crédules et doit s’opposer à ce régime autoritaire, refuser de négocier avec un sympathisant terroriste… » doit-elle faire la même chose avec le gouvernement américain qui a financé, et dans certains cas organisé directement, plus d’opérations terroristes que tous les gouvernements du monde réunis? Opération Condor, Ben Laden, et tant d’autres ne sont que le produit de l’Etat américains (et c’est de notoriété publique); faudrait-il rompre tout contact diplomatique avec celui-ci?
    « de toute façon, Hugo Chavez n’est pas indispensable à la libération de l’otage franco-colombienne » cette affirmation semble en opposition direct avec ce que cet article veut révéler. Qui mieux que la personne qui les finance se trouverait en mesure d’infléchir leur volonté?

  2. 2 EEEER

    Mouais, ça ne m’étonne pas, on l’a traité de tout Chavez, je ne comprends même pas comment il a pu rester vivant jusque là!

    C’est bien beau de rappeler toutes les accusations qui lui ont été faites, mais pour contrer cela je vous cite un article très différent, vous en jugerez vous-mêmes!

    « Hugo Chávez

    Peu de gouvernants au monde font l’objet de campagnes de démolition aussi haineuses que M. Hugo Chávez, président du Venezuela. Ses ennemis n’ont hésité devant rien : coup d’Etat, grève pétrolière, exode de capitaux, tentatives d’attentat… On n’avait pas vu un tel acharnement en Amérique latine depuis les attaques de Washington contre M. Fidel Castro. Les calomnies les plus misérables sont colportées contre M. Chávez, conçues par les nouvelles officines de propagande – National Endowment for Democracy (NED), Freedom House, etc. – financées par l’administration du président des Etats-Unis George W. Bush. Dotée de moyens financiers illimités, cette machine à diffamer manipule des relais médiatiques (dont des journaux de référence) et des organisations de défense des droits humains, enrôlés à leur tour au service de ténébreux desseins. Il arrive aussi, ruine du socialisme, qu’une partie de la gauche sociale-démocrate ajoute sa voix à cette chorale de diffamateurs.

    Pourquoi tant de haine ? Parce que, à l’heure où la social-démocratie connaît une crise d’identité en Europe, les circonstances historiques semblent avoir confié à M. Chávez la responsabilité de prendre la tête, à l’échelle internationale, de la réinvention de la gauche. Alors que, sur le Vieux continent, la construction européenne a eu pour effet de rendre pratiquement impossible toute alternative au néolibéralisme (lire, dans ce numéro, les articles de Jean Bricmont et Denis Duclos), au Brésil, en Argentine, en Bolivie et en Equateur, inspirées par l’exemple vénézuélien, les expériences se succèdent qui maintiennent vivant l’espoir de réaliser l’émancipation des plus humbles.

    A cet égard, le bilan de M. Chávez est spectaculaire. On comprend que, dans des dizaines de pays pauvres, il soit devenu une référence obligée. Dans le respect scrupuleux de la démocratie et de toutes les libertés (1), n’a-t-il pas refondé la nation vénézuélienne sur une base neuve, légitimée par une nouvelle Constitution qui garantit l’implication populaire dans le changement social ? N’a-t-il pas rendu leur dignité de citoyens à quelque cinq millions de marginalisés (dont les indigènes) dépourvus de documents d’identité ? N’a-t-il pas repris en main la compagnie publique Petróleos de Venezuela SA (PDVSA) ? N’a-t-il pas déprivatisé et rendu au service public la principale entreprise de télécommunication du pays ainsi que la compagnie d’électricité de Caracas ? N’a-t-il pas nationalisé les champs pétrolifères de l’Orénoque ? Enfin, n’a-t-il pas consacré une part de la rente pétrolière à acquérir une autonomie effective face aux institutions financières internationales, et une autre au financement de programmes sociaux ?

    Trois millions d’hectares de terre ont été distribués aux paysans. Des millions d’adultes et d’enfants ont été alphabétisés. Des milliers de dispensaires médicaux ont été installés dans les quartiers populaires. Des dizaines de milliers de personnes sans ressources, atteintes d’affections oculaires, ont été gratuitement opérées. Les produits alimentaires de base sont subventionnés et proposés aux plus démunis à des prix inférieurs de 42 % à ceux du marché. La durée de travail hebdomadaire est passée de 44 heures à 36 heures, tandis que le salaire minimum montait à 204 euros par mois (le plus élevé d’Amérique latine après le Costa Rica).

    Résultats de toutes ces mesures : entre 1999 et 2005, la pauvreté a baissé de 42,8 % à 37,9 % (2), tandis que la population vivant de l’économie informelle chutait de 53 % à 40 %. Ces reculs de la pauvreté ont permis de soutenir fortement la croissance, qui, au cours des trois dernières années, a été en moyenne de 12 %, parmi les plus élevées du monde, stimulée aussi par une consommation qui a progressé de 18 % par an (3).

    Devant de tels succès, sans parler de ceux obtenus en politique internationale, faut-il s’étonner que le président Chávez soit devenu, pour les maîtres du monde et leurs affidés, un homme à abattre ?
    Ignacio Ramonet. »
    Directeur du Monde diplomatique de 1990 à 2008.
    Édition imprimée — août 2007 — Page 1

  3. 3 moqueurpoli

    Vous l’avez certainement remarqué, je n’affiche aucune sympathie pour le président vénézuélien. Et je crois que mes raisons se défendent. Aussi, je répondrai point par point à vos remarques, Jemden. Des remarques que je juge intéressantes mais contestables

    *Je crois utile, dans un premier temps, de définir le concept politique clé du « caudillo ». Il renvoie à un certain type de leader politique dont le pouvoir se base sur une stratégie populiste. Souvent charismatique et autocrate, le caudillo cache son jeu en maintenant la norme démocratique en surface… ce qui peut, je le conçois, en berner plusieurs sur ces intentions véritables. Cette description colle parfaitement avec le personnage haut en couleurs qu’est Chavez. Son populisme et ses intentions politiques révolutionnaires ne sont plus à démontrer. (Se faire élire démocratiquement n’est pas forcément synonyme d’acceptation du jeu démocratique – pensons à Hitler !).

    * En ce qui concerne le FMI, certaines décisions ont pu s’avérer catastrophiques mais, n’en déplaise aux « altermondialisants », le Fonds monétaire international (FMI) assure quand même la stabilité du système monétaire international en promouvant la coopération monétaire internationale, la facilitation des échanges internationaux et le recul de la pauvreté.

    * Une compagnie d’État est certes soumise à un contrôle démocratique de ses recettes, c’est le cas en Norvège, un véritable pays démocratique. Mais est-ce vraiment le cas pour la compagnie pétrolière « Petroleos » que préside le cousin du Président vénézuélien ? Le Venezuela est-il réellement une démocratie ?

    * Je ne crois pas qu’Hugo Chavez puisse être en mesure d’infléchir la volonté des FARC à libérer leurs prisonniers. Je ne crois pas qu’il le veuille. Si le président vénézuélien finance la guérilla colombienne, c’est dans la double intention d’affaiblir le gouvernement de Bogota et d’en retirer des avantages politiques flagrants (le déploiement de ses idées révolutionnaires dans le sous-continent). En misant sur ce « sympathisant terroriste », la France perd son temps car Chavez à tout intérêt à voir s’amplifier un mouvement néo-marxiste (proximité idéologique). Mais le mouvement s’essouffle sous l’effort conjugué du gouvernement colombien et de sa société civile.

  4. 4 moqueurpoli

    Merci EEEER.

    Le texte d’Ignacio Ramonet que vous me soumettez est très intéressant, surtout quand on apprend que son auteur est le fondateur du mouvement altermondialiste ATTAC (Association pour la taxation des transactions financières et pour l’aide aux citoyens) ! Des connivences idéologiques expliquent le soutien partisan de Ramonet à Chavez.

    « … au Brésil, en Argentine, en Bolivie et en Equateur, inspirées par l’exemple vénézuélien, les expériences se succèdent qui maintiennent vivant l’espoir de réaliser l’émancipation des plus humbles ». Je ne suis pas d’accord avec cette affirmation qui voudrait voir une homogénéisation de la gauche sud-américaine. Il n’y a pas une gauche, mais des gauches latino-américaines. Le régime bolivarien de Chavez prônant une révolution permanente tranche nettement avec le pragmatisme d’un Lula par exemple.

    « Dans le respect scrupuleux de la démocratie et de toutes les libertés, n’a-t-il pas refondé la nation vénézuélienne sur une base neuve, légitimée par une nouvelle Constitution qui garantit l’implication populaire dans le changement social ? ». Ce qu’il a surtout fait, c’est affaiblir la démocratie vénézuélienne en nommant des militaires de haut rang à des postes traditionnellement occupés par des civils, a menacé d’envoyer en prison tout journaliste qui critiquerait sa révolution et de fermer journaux, stations de radio et chaînes de télévision d’où viendraient ces critiques. Est-ce un respect scrupuleux de la démocratie et de toutes les libertés. Nous n’avons peut-être pas la même notion de ce qu’est la liberté…

    Ce qui est flagrant dans la politique chaviste, c’est le processus de « cubanisation ». Chavez implante peu à peu un modèle politique qui ressemble étrangement à celui que l’on retrouve à Cuba. Oui, ce régime vise la réduction de la pauvreté au Venezuela mais doit-on pour autant accepter un appauvrissement démocratique ?

  5. 5 EEEER

    « Il n’y a pas une gauche, mais des gauches latino-américaines. Le régime bolivarien de Chavez prônant une révolution permanente tranche nettement avec le pragmatisme d’un Lula par exemple. » Le fait qu’il y ait des gauches n’empêche pas de liaison, de coopération, tout comme les unions des gauches dans d'(autres pays, même si il existe plusieurs types de gauche!

    « Ce qu’il a surtout fait, c’est affaiblir la démocratie vénézuélienne en nommant des militaires de haut rang à des postes traditionnellement occupés par des civils, a menacé d’envoyer en prison tout journaliste qui critiquerait sa révolution et de fermer journaux, stations de radio et chaînes de télévision d’où viendraient ces critiques. Est-ce un respect scrupuleux de la démocratie et de toutes les libertés. Nous n’avons peut-être pas la même notion de ce qu’est la liberté… » laisse moi bien rire, faut rappeler que la majorité des médias la bas sont privés et sont clairement anit-chavez, avec des appels à la violence contre lui…faut parfois croiser ses sources aussi

    je cite: « La suppression des correspondants étrangers, la dépendance commerciale d’une poignée d’agences de presse, l’embourgeoisement et l’inculture historique des écoles de communication, l’évitement par la plupart des journalistes des quartiers où vivent 80% de Vénézuéliens, l’abdication face au besoin de garder sa place, permettent de faire croire n’importe quoi à n’importe qui. Faudra-t-il, dans quelques années, entendre des historiens nous raconter, entre deux soupirs, que le seul gouvernement qui avait osé bouter Monsanto et son maïs transgénique hors de son territoire, qui était admiré pour sa réforme agraire par le MST et la Via Campesina, tomba sous l’action conjuguée de la Maison Blanche et des grands médias internationaux ? »

    « Ce quasi monopole des médias prives vénézuéliens, source principale de Reporters Sans Frontières et de la presse de France, se déclare constamment victime de Chavez. Il ne recule pas devant les auto-attentats pour nourrir une image mondiale répétitive á souhait. A sa tête Gustavo Cisneros, le Murdoch latino, ami personnel de George Bush, qui se rêve déjà en futur président du Venezuela. »

    source: http://risal.collectifs.net/imprimer.php3?id_article=1028
    d’autres sources
    http://www.voltairenet.org/article121186.html

    et sur le rapport des audiances, regardez bien!!! ( source: http://risal.collectifs.net/spip.php?article2276)

    Étant donné les positions politiques des télévisions et leurs parts relatives d’audience, il est possible de diviser le paysage audiovisuel vénézuélien en trois catégories d’émetteurs : opposants, neutres ou équilibrés et progouvernementaux. Avant la fin de la licence de RCTV, le panorama était le suivant :

    – Opposition : 50-55%

    — RCTV : 35-40%

    — Globovisión : 10%

    — Télés privées et locales : 5%

    – Neutres ou équilibrées : 30-40%

    — Venevisión : 20-25%

    — Televen : 10-15%

    – Progouvernementales : 20-25%

    — VTV : 15-20%

    — Autres (Telesur, Vive TV, télévisions communautaires) : 5%

    Désormais, en cette ère post-RCTV, le changement est assez significatif. Et, si la promesse est tenue de ne pas faire de TVes (qui a remplacé RCTV) une télévision progouvernementale et de maintenir sa neutralité, le paysage audiovisuel pourrait être le suivant :

    – Opposition : 15%

    — Globovisión : 10%

    — Télés privées et locales : 5%

    – Neutres ou équilibrées : 30-40% ou plus

    — Venevisión : 20-25%

    — Televen : 10-15%

    — TVes : ??%

    – Progouvernementales : 20-25%

    — VTV : 15-20%

    — Autres (Telesur, Vive TV, télévisions communautaires) : 5%

    En d’autres termes, le rapport, en termes de parts d’audience, entre télévisions d’opposition et télévisions progouvernementales est passé d’environ 50:25 (ou 2:1) en faveur de l’opposition, à 15:25 (ou 1:1,7) en faveur du gouvernement. Dans la plupart des pays du monde, où les médias ne sont pas contrôlés démocratiquement, toute opposition serait enchantée d’un tel rapport. Mais au Venezuela, bien sûr, où l’opposition est habituée à avoir gouverné le pays pendant quatre décennies, un tel désavantage est une atteinte intolérable à sa « liberté d’expression ».

    « Si l’on examine maintenant les parts d’audience sur le marché de la presse ou de la radio, on constate qu’elles restent de loin favorables à l’opposition plutôt qu’au gouvernement. Pour de nombreux partisans de Chávez, le quotidien le plus vendu du pays, Últimas Noticias, serait un journal chaviste. Or, les contenus de ce quotidien et ses éditorialistes habituels en font le journal le plus équilibré du pays, présentant autant de critiques que de louanges au gouvernement. Les deuxième et troisième quotidiens en importance (El Universal et El Nacional), ainsi qu’une majorité de journaux de moindre tirage, campent solidement du côté de l’opposition. Et la situation est encore plus marquée dans le paysage radiophonique. Ainsi, la part d’audience radio du gouvernement (avec les stations RNV, YVKE et les radios communautaires) est infime par rapport à celle des autres stations de radio favorables à l’opposition. »

    « En matière de diversification et démocratisation, on peut raisonnablement dire que le gouvernement de Chávez a fait plus que tout autre gouvernement de l’histoire du Venezuela ou de l’histoire de tout autre pays du monde. Autoriser des centaines de radios communautaires et des dizaines de télévisions communautaires à émettre, c’est donner au citoyen ordinaire un accès sans précédent aux médias. L’opposition, bien entendu, affirme que ces médias communautaires sont « contrôlés par Chávez », mais aucune preuve ne vient étayer cette accusation. Certes, la plupart de ces médias (mais pas tous) se situent dans des quartiers pauvres, où Chávez dispose d’un solide soutien. Cependant, depuis ces médias communautaires fusent les critiques à l’encontre des gouvernements national, provinciaux et locaux, de sorte que ces médias offrent en fait une forme de contrôle citoyen qui peut contribuer à une meilleure gouvernance. »

    et pour fini ( tjs de la même source) :
    Conclusion

    « Si la décision de ne pas renouveler la licence de RCTV fait encore l’objet d’une action en justice [12], pour une possible violation du droit à la défense et du traitement égal devant la Loi, il n’en reste pas moins que cette décision :

    — Est parfaitement légale, au sens où l’attribution de licences d’utilisation des ondes hertziennes aux diffuseurs est une prérogative de l’État.

    — Maintient le pluralisme dans le paysage médiatique du Venezuela.

    — Ne viole nullement le principe de la liberté d’expression des Vénézuéliens.

    — Contribue à la démocratisation des ondes, en donnant à un plus grand nombre de Vénézuéliens l’accès à ces ondes, au travers de la nouvelle chaîne TVes.

    Il est donc décevant de voir des associations internationales de défense des droits humains, tels que Human Rights Watch, le Washington Office for Latin America, le Centre Carter et le Comité de protection des journalistes, condamner la décision du gouvernement vénézuélien. Ces groupes, tout comme l’opposition au Venezuela, affirment que cette décision jette un froid sur la liberté d’expression. Ce froid ainsi jeté est invoqué de manière répétée par les détracteurs du gouvernement, mais pas une seule fois ceux-ci n’ont encore cité un exemple de critique n’ayant pas été diffusée en raison de ce froid jeté sur la liberté d’expression. Globovisión continue de critiquer le gouvernement plus que jamais, tout comme les journaux à plus grand tirage et les programmes radio les plus écoutés -et qui sont certainement les plus critiques de tout l’hémisphère occidental. RCTV, une fois de retour sur le câble, continuera sans aucun doute d’être aussi critique. En réalité, ceux qui condamnent la décision souveraine du Venezuela de changer la manière dont ses ondes hertziennes sont exploitées ne font que défendre le droit des grandes entreprises médiatiques à utiliser ces ondes, au détriment de la majorité pauvre qui, avant Chávez, n’a jamais eu aucun accès au complexe médiatique privé du Venezuela. Dans l’idéal, toutes les fréquences de transmission devraient être placées sous contrôle collectif démocratique, et non pas aux mains du secteur privé. Cela, toutefois, prendra plus de temps et suscitera encore bien des condamnations de la part de l’establishment mondial. »

  6. 6 moqueurpoli

    Merci EEER.

    Analyse très intéressante du paysage médiatique vénézuélien. Seulement, vous semblez avoir omis une dimension politique, centrale à la compréhension des médias vénézuéliens.

    « faut rappeler que la majorité des médias la bas sont privés et sont clairement anti-chavez, avec des appels à la violence contre lui ». L’hégémonie quasi totale de Chavez sur la sphère politique vénézuélienne a eu pour conséquence de discréditer, d’évincer voire d’interdire certains partis politiques de l’opposition. Chavez n’a eu de cesse de museler l’opposition politique. Dans ce cadre, ce sont les médias privés qui défendent les intérêts des partis d’opposition et assument la critique du gouvernement.

    En ce qui concerne le RCTV, l’hostilité du gouvernement contre cette chaîne de télévision ne menace pas tant la liberté d’expression que l’existence même d’une scène d’affrontement des forces politiques. Le non-renouvellement du permis de diffusion du RCTV est un pas vers la redéfinition de l’espace politique national, un espace entièrement accaparé par l’idéologie chaviste. La fermeture de ce « relais médiatique de l’opposition » donne raison aux accusations d’autoritarisme qui pèsent sur le président vénézuélien

  7. 7 EEEER

    Les accusations c’est une chose, la réalité est tout autre.

    L’opposition au Vénézuela est bien présente, c’est un des pays ou l’affrontement politique est le plus réel et observable, je pense qu’il faut arrêter de faire des accusations à tout va pour faire tjs peur, attendons de voir comment ça va réellement évoluer avant de crier au loup…

    et « autoritarisme » jsuis crieuse de voir à quoi tu fais allusion, concrètement jveux dire..

  8. 8 Spectateur attentif

    Bon… je découvre ton blog Moqueurpoli, beau travail! beau forum de discussion!

    Étant assez touché de ce qui se passe au Vénézuela, j’ai lu avec intérêt tout ce qui s’est dit ici.

    Au delà de se demander si les médias vénézuéliens sont biaisés ou pas, sous la tutelle du gouvernement ou pas, pro ou anti-Chavez, etc. Il faut simplement mettre en évidence que le gouvernement de Chavez veut museler toute opinion qui n’est pas celle de son gouvernement.

    Il faut bien reconnaitre que Vénézuéla est une démocratie où tout le monde s’exprime librement depuis la fin de la didacture dans les années 1960. Or, depuis l’arrivée de Chavez, et surtout ces dernières années, les pressions pour faire taire les gens (fermeture de RCTV, entre autres) sont réelles. Lorsque la droite était au pouvoir avant 1999, ce n’était pas le cas, ces gens-là s’en fichaient un peu de ce qu’on pouvait dire ou pas dans la mesure où ils pensaient toujours garder le pouvoir. C’est justement une élection – pleinement démocratique – qui a amené Chavez au pouvoir en 1998 alors que la majorité de la population ne pouvait plus supporter l’olligarchie qui se relayait au pouvoir sans rien changer.

    Peine perdue, Chavez n’ira pas vraiment dans le sens où tous ses électeurs voulaient le voir aller. Certes, le système de santé s’est amélioré pour les pauvres des barrios (bidonvilles) qui disposent souvent de dispensaires et de docteurs (cubains), le système éducatif a aussi connu de belles améliorations (bourses universitaires pour tous ceux qui le désirent, sans condition de revenu ou de «bonnes notes»). La redistribution des terres est une réalité qu’on ne peut nier. Cependant, tout se fait en écrasant d’autres personnes. On ne construit pas une nation en écrasant, en divisant, ou en écartant des gens au profit d’autres, même s’ils sont plus nombreux. Le consensus est essentiel. Il semble que c’est de manque consensus dont souffre le gouvernement de Chavez. Jamais le pays n’aura été aussi divisé socialement, malgré les progrès réels. Il est à craindre que le manque de vision à long terme ne se révèle très rapidement être à l’origine de plus de divisions et de stagnation sociale.

    D’ailleurs, l’inflation atteint plus de 30% en 2007, les augmentations de salaire, de pensions, etc. sont donc largement avalées et peinent à compenser la hausse des prix des aliments. La redistribution des terres, les prix fixes on entraîné une hausse encore plus vertigineuse du prix des céréales et de l’alimentation de base. Comble du comble, pour un pays producteur de céréales, être obligé d’importer des céréales pour nourrir sa population alors que les prix mondiaux atteignent des sommets! Sans compter que ces redistributions de terres et les prix fixes ont également provoquée une désorganisation de l’appareil productif, ce qui n’arrange pas la crise.

    Tout cela ne sort pas seulement de mes lectures de journaux ou d’articles divers et variés. Il s’agit avant tout de témoignage de gens qui vivent au Vénézuéla et qui réfléchissent un peu. Oui, Chavez a apporté un vent de changement, oui les gens parlent de politique et de ce qui est bon ou pas pour le pays – une sorte de prise de conscience qu’il y a bien des choix à faire – Oui, Chavez pose un bon diagnostique sur de grands problèmes internationaux (FMI, répartition des richesses, etc.). MAIS la situation sociale est très tendue, les problèmes de corruption perdurent (le pouvoir a juste changé de main… et rien d’autre), 10 ans de «Chavisme» et 30 à 40% de la population vit dans la misère, sans compter la violence quotidienne qui atteint des sommets; Doit-on parler de l’attitude anti-démocratique lors du référendum de décembre 2007? La majorité des urnes a parlé, Chavez refuse de le reconnaître. Ce n’est pas une attitude digne d’un gouvernement dit démocratique.

    Que fait le gouvernement?
    La voie choisie pour répondre aux grands problèmes, l’attitude adoptée également, sont-elles des issues valables?

    Je ne pense pas que ce soit le cas. Je ne pense pas non plus que la situation antérieure à l’arrivée de Chavez était meilleure. L’avenir du Vénézuela reste à écrire… et ce sont les Vénézuéliens eux-même qui devront le faire.

    Ceci étant dit, si j’ai le temps, je parlerai un jour des nationalisations de Chavez. C’est pas triste non plus.


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :