Perspectives jordaniennes sur la Méditerranée

13Juin08

Avec ses 92 000km², la Jordanie est le plus petit pays du Moyen-Orient après le Liban et Israël. Depuis sa création en 1921, mais surtout depuis son indépendance obtenue en 1946 par les Britanniques, l’Etat jordanien a toujours cherché à créer un ordre régional qui lui permette de sauvegarder son indépendance et sa souveraineté.

Au cours de son histoire, Amman a dû tisser différentes alliances avec une variété d’acteurs, tant régionaux qu’internationaux, afin de protéger son existence. Dans cette logique, le Royaume hachémite a accordé une grande valeur à ses relations méditerranéennes comme facteur alternatif pouvant l’aider à matérialiser sa quête ininterrompue de sécurité territoriale. La Jordanie considère largement que son lien historique avec la Méditerranée représente une source de garanties supplémentaires pour sa stabilité et sa sécurité politiques.

C’est dans la foulée du succès initial des Accords d’Oslo de 1993 que la Jordanie rejoint le partenariat euro-méditerranéen proposé par l’Union européenne (UE) à Barcelone en 1995. Elle a d’ailleurs été l’un des 27 Etats signataires et a participé de ce fait à l’ensemble des forums euro-méditerranéens. Après un long processus de négociation, Amman est parvenue à signer un accord d’association avec l’UE, entré en vigueur en 2001 dans le cadre du partenariat euro-méditerranéen.

Considéré par Bruxelles comme un soutien aux efforts du gouvernement jordanien en matière économique, cet accord a permis au Royaume hachémite d’obtenir entre autres une aide financière appréciable, une augmentation des investissements étrangers, l’opportunité de commercer librement sans barrières douanières avec les pays de la zone euro-méditerranéenne et de créer un cadre juridico-politique qui permette à toutes les parties de résoudre pacifiquement et diplomatiquement leurs problèmes et leurs différends dans l’enceinte du partenariat euro-méditerranéen.

Amman voit d’un très bon œil ces arrangements : l’objectif primordial de son régime (la survie de la Jordanie) sera dépassé si le pays parvient à créer une sorte d’interdépendance régionale. En entrelaçant la région moyen-orientale dans un réseau d’interdépendance, la sécurité, la prospérité et la stabilité devraient suivre. Les Jordaniens croient que, dans un tel cadre de coopération, les Etats seront moins tentés de déranger l’ordre régional. C’est pour cette raison particulière que la Jordanie participe à toutes les initiatives qui pourraient conduire à de tels résultats.

Roi de ÙJordanie et SarkozyDans ce cadre, le projet sarkoziste d’Union pour la Méditerranée (UPM) rallie l’ensemble des dirigeants jordaniens. La Jordanie attache une grande importance à la conception de la Méditerranée comme moyen qui l’aiderait à protéger ses principaux intérêts nationaux : conserver son intégrité territoriale, maintenir la sécurité, préserver la stabilité et soutenir la prospérité économique.

Cependant, un consensus national sur cette question méditerranéenne n’existe pas dans ce pays. De nombreuses voix s’élèvent contre un projet méditerranéen qui pourrait apporter à Israël une carte de plus pour conquérir l’objectif présumé de la légitimité régionale. Pour les adversaires du partenariat euro-méditerranéen, un tel cadre de coopération aiderait Israël à réaliser une sorte d’hégémonie régionale sur l’ensemble des autres Etats arabes. D’autres prétendent, dans la même veine que le projet euro-méditerranéen est une tentative occidentale pour assurer l’hégémonie sur le Moyen-Orient. Ils célèbrent ainsi la thèse de Samuel Huntington sur le choc des civilisations et perçoivent une hostilité systématique entre l’islam et l’Occident.

D’autres groupes jordaniens avancent le besoin d’instaurer un marché commun méditerranéen élargit afin de former un bloc économique capable de traiter avec d’autres blocs comparables. Cette conception libérale estime qu’à l’avenir l’économie se fondera sur d’énormes blocs économiques qui permettront à de petit pays de survivre et de se protéger. L’intégration de la Jordanie à une quelconque configuration économique euro-méditerranéenne engendrerait une croissance en matière de compétitivité et d’efficacité économique qui, à son tour, augmenterait le niveau de la croissance économique, de sorte que la région pourrait attirer un plus grand nombre d’investissements.

Ce débat méditerranéen ne devrait toutefois pas affecter la décision des autorités jordaniennes de participer aux différents forums méditerranéens et de poser leur candidature à une adhésion plénière au sein d’une potentielle Union méditerranéenne. Nicolas Sarkozy peut compter sur l’appui du Roi de Jordanie (sur la photo ci-haut).

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2 Responses to “Perspectives jordaniennes sur la Méditerranée”

  1. 1 cat

    coucou! t’as voyagé loin………longtemps partout……….mon rêve!!!!!!!!!!!!!
    Pourquoi c’est pas ma question………….

    Comment?……….avec quel moyen?……

  2. 2 moqueurpoli

    Bonjour Cat !

    Avec quel moyen ? Le meilleur moyen pour voyager est l’ouverture d’esprit !


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