Война, d’Aleksei Balabanov (2002)

25Juin08

John, un acteur britannique, et Margaret, sa petite amie, sont capturés par des rebelles tchétchènes lors d’une tournée théâtrale en Géorgie. Une rançon est aussitôt réclamée par les rebelles à l’Ambassade du Royaume-Uni à Moscou. Cette initiative des terroristes restant lettre morte, John promet d’aller chercher l’argent en Grande-Bretagne et de payer lui-même la rançon si les rebelles le libèrent. En gage, Margaret doit rester prisonnière. Après avoir récolté une partie de la somme exigée, John retourne en Russie où il rencontre Ivan, un conscrit et ancien captif du même groupuscule rebelle, qui cherche à sauver un autre prisonnier. Ensemble, ils fomentent un plan d’assaut contre le village tchétchène dans lequel se terrent les rebelles.

Vaïna (Guerre). Film de guerre russe d’Aleksei Balabanov
2h00, sorti en 2002
Avec Aleksei Chadov (Ivan), Ian Kelly (John), Ingeborga Dapkunaite (Margaret), Sergei Bodrov Junior (Capitaine Medvedev), Evklid Kyurdzidis (Ruslan)…
Note : 14/20

Quand les Russes font de meilleurs films (de guerre) que les Américains. Aux oubliettes le patriotisme ambulant, la récurrente leçon de morale, l’héroïsme excessif des soldats, la mise en scène naïve empreinte de démagogie, le discours manichéen de la guerre entre les « gentils » et les « méchants ». Ici, on traite de la guerre, la vraie, celle qu’ont vécue et que vivent encore des milliers de conscrits russes en Tchétchénie.

Le film de Balabanov propose une vision réaliste de la guerre. Du réalisme qui peut en ébranler plus d’un: têtes tranchées, doigts coupés, hommes trucidés, femmes violées. Le cinéaste russe n’y est pas allé par le dos de la cuillère. C’est à un véritable voyage au pays de l’enfer qu’il nous convie.

L’enfer, c’est celui de la Seconde Guerre de Tchétchénie (1999-2005)… Et plus précisément, celui des montagnes caucasiennes, terreau des rebelles tchétchènes. Des rebelles qui n’hésitent pas à prendre en otage des civils ou des étrangers (ici, un couple d’acteurs britanniques) et qui leur infligent les pires supplices. Des rebelles qui ont leur propre mode de fonctionnement armé, leur propre hiérarchie, basée sur la fidélité, l’obéissance et la croyance religieuse.

Dans cet espace belliqueux, l’arme est reine. On l’utilise pour se défendre, pour attaquer, pour prévenir, pour se venger, pour tuer. Mais la guerre ne se limite pas qu’à l’action militaire armée. Les contacts personnels et les relations politiques peuvent tout aussi bien être mis à contribution pour tenter de mettre fin aux exactions subies par les victimes de la guerre.

Brutalité, violence, corruption. Trois atrocités que l’on aimerait voir enrayer de la surface de la terre mais qui, telle une malédiction originelle, se perpétuent à travers l’histoire de l’humanité. Un des rares films russes sur la Seconde Guerre de Tchétchénie. Excellent.

(Une mention spéciale pour Sergei Bodrov Junior (1971-2002), jeune acteur très prometteur, que l’on peut admirer ici dans l’un de ses derniers films, avant qu’il ne meure au cours d’une avalanche sur la montagne du Kazbek, dans le Nord du Caucase, lors d’un tournage en 2002).

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