Julius Caesar, de Joseph L. Mankiewicz (1953)

28Sep08

En 44 avant Jésus-Christ, Jules César est virtuellement devenu le dictateur de Rome. Sa soif de puissance inquiète son entourage. Un groupe de conspirateurs a décidé de l’assassiner. Dirigés par Cassius, les conjurés cherchent le soutien du très respectable Brutus qui admire César mais considère son ambition contraire aux intérêts de Rome. Brutus se rallie à leur cause. Aux Ides de Mars (fête religieuse romaine), Calpurnia, la femme de César, le supplie de ne pas se rendre au Sénat car elle a fait un rêve de mauvais augure. Mais César se croit invulnérable…


Jules César. Drame historique américain de Joseph L. Mankiewicz
2 h 01, oscarisé en 1953 (Meilleur direction artistique)
Avec Marlon Brando (Mark Anthony), James Mason (Brutus), John Gielgud (Cassius), Louis Calhern (Julius Caesar), Edmond O’Brien (Casca), Greer Garson (Calpurnia), Deborah Kerr (Portia)…
Note : 16/20

Après la déception causée par le pénible Frankenstein : The True Story, il fallait bien que je réajuste le tir… avec une valeur sûre, cette fois. Il s’agissait de revoir James Mason dans l’un de ses meilleurs rôles. C’est donc avec cette remarquable adaptation de la pièce éponyme de Shakespeare que je me suis consolé.

Ceux qui connaissent cette pièce de Shakespeare savent déjà que l’œuvre du dramaturge évoque moins les exploits de l’ambitieux Jules César que l’acte criminel dont il a été victime. Brutus tient donc ici une place centrale dans cette tragédie politique. Et Mason nous le rend bien, d’autant plus qu’il est soutenu par le puissant John Gielgud (éblouissant en Cassius) dont le talent n’est plus à démontrer.

Mason est tout simplement sublime dans ce film. Il y incarne un Brutus déchiré entre son amitié pour César et son amour de la démocratie romaine. Comment ne pas se laisser convaincre par un jeu si naturel, si subtil, si profond… Chaque réplique donne l’impression d’être spontanée chez Mason. Une performance artistique qui se justifie: l’acteur avait déjà interprété ce personnage au théâtre à plusieurs reprises avant de faire du cinéma. Avec sa voix unique, l’acteur britannique parvient à magnifier le pathétisme shakespearien. Il faut l’écouter déclamer sa plaidoirie sur les marches du Sénat, après le meurtre de Jules César:

As Caesar loved me, I weep for him; as he was fortunate, I rejoice at it; as he was valiant, I honour him; but, as he was ambitious, I slew him. There is tears for his love; joy for his fortune; honour for his valour; and death for his ambition.” (Act 3, Scene 2).

César m’aimait, et je le pleure; il fut fortuné, et je m’en réjouis; il fut vaillant, et je l’en admire; mais il fut ambitieux, et je l’ai tué ! Ainsi, pour son amitié, des larmes; pour sa fortune, de la joie; pour sa vaillance, de l’admiration; et pour son ambition, la mort ! ” (Acte 3, Scène 2).

Une œuvre brillante et saisissante. Rare adaptation cinématographique fidèle d’une pièce de Shakespeare. Un pur plaisir.

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