Système et paysage politique en Finlande

04Oct08

Depuis 1919, date de proclamation de la République par le général Mannerheim, la Finlande est une démocratie parlementaire. Le Président de la République dispose de pouvoirs non négligeables mais joue actuellement un rôle moins marqué dans la vie politique qu’il y a vingt ans. Il est élu pour 6 ans au suffrage universel direct  et nomme le Premier ministre. C’est la social-démocrate Tarja Kaarina Halonen (ci-contre) qui occupe ce poste depuis février 2000 (elle a été réélue en 2006). A l’international, la Présidente finlandaise s’engage régulièrement pour les droits de l’homme et la solidarité internationale. Elle est actuellement appuyée par environ 85 % de la population qui admire sa modestie et son honnêteté.

Le Gouvernement (Valtioneuvosto, en finnois ou Statsrådet, en suédois) est dirigé par le Premier ministre qui est choisi par le Parlement et nommé par le Président de la République. Le Gouvernement finlandais est constitué du Premier ministre, des différents ministres du Gouvernement central et du Chancelier de la justice, membre d’office. Depuis juin 2003, Matti Taneli Vanhanen (à gauche) est le Premier ministre finlandais (réélu en 2007). Membre du parti du centre, il a beaucoup oeuvré pour le Traité constitutionnel européen. Il a assuré en outre la Présidence de l’Union européenne de juillet à décembre 2006.

Le Parlement finlandais (Eduskunta, en finnois ou Riksdag, en suédois) est unicaméral. Il est constitué de 200 députés et possède constitutionnellement l’autorité législative suprême. Le Parlement peut modifier la Constitution, révoquer un Gouvernement et contrer les vétos présidentiels. Ses actes ne peuvent être en aucun cas contestés en justice. L’initiative léglislative peut relever du Gouvernement ou de l’un des membres de l’Eduskunta. Ces derniers sont élus au suffrage proportionnel selon la méthode d’Hondt pour une durée de 4 ans. Le suffrage universel direct, y compris pour les femmes, existe depuis 1906 en Finlande.

Le scrutin proportionnel finlandais encourage un certain multipartisme : la formation de coalitions gouvernementales n’est donc pas rare. Le paysage politique finlandais se compose de trois grands partis. Le Parti social-démocrate (Sosialidemokraattinen Puolue) est traditionnellement le parti le plus important. Il est généralement soutenu par la classe ouvrière urbaine ainsi que par de petits agriculteurs. Les deux autres partis politiques qui pèsent un poids conséquent dans la politique finlandaise sont le Parti du Centre (Keskusta Puolue), représentant traditionnel des intérêts ruraux, et le Parti Conservateur (Kansallinen Kokoomus), soutenu principalement par la communauté des affaires et par les professionnels urbains. Le Parti populaire suédois (Ruotsalainen Kansanpuolue, en finnois ou Svenska Folkpartiet, en suédois) représente les intérêts exclusifs de la minorité suédophone du pays. Il obtient régulièrement 5 % des voix à chaque élection et est toujours représenté au Parlement.

A gauche du Parti social-démocrate, on retrouve l’Alliance de Gauche (Vasemmistoliitto), héritière du Parti communiste finlandais disparu en 1990. Plus à droite que le Parti Conservateur, le Parti Vrais Finnois (Perrussuomalaiset) est un petit parti populiste qui a mis l’accent, ces dernières années, sur les problèmes sociales qu’il croit liés à l’immigration. Au centre, le Parti chrétien-démocrate finlandais (Kristillisdemokraatit) se veut un parti moderne pro-européen. Il ne récolte jamais plus de 6 % des votes en moyenne. Enfin, la Ligue Verte (Vihreä liitto) est un parti d’obédience écologiste se positionnant au centre gauche de l’échiquier politique finlandais.

Les élections législatives de 2007 ont entamé un profond changement politique en Finlande. Le Parti social-démocrate, qui dominait largement la politique finlandaise depuis plusieurs décennies, a subi un revers avec la montée du Parti du centre et la percée du Parti Conservateur. C’est donc ces deux partis qui forment à présent la nouvelle coalition gouvernementale, le Parti social-démocrate étant relégué à l’opposition.

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2 Responses to “Système et paysage politique en Finlande”

  1. Juste une petite remarque : on voit bien que le suffrage proportionnel peut marcher dans des pays où l’on a la culture du dialogue plutôt que celle du conflit. Pour autant, on en arrive, et c’est regrettable, à ce qu’un parti (au centre), s’allie ou à la gauche (en 2003) ou à la droite (depuis 2007). Cela donne une impression de personnes accrochées au pouvoir, et ça ce n’est pas forcément positif.

  2. 2 moqueurpoli

    Je suis plus ou moins d’accord avec ton analyse. Sur la forme, peut-être que certaines personnalités politiques « s’accrochent » au pouvoir comme tu dis. Mais en même temps, dans un pays longtemps gouverné par les socio-démocrates, ce sont plutôt ces derniers qui semblent aujourd’hui s’accrocher au pouvoir, alors que leur parti subit défaite après défaite et que leur idéologie ne rejoint plus l’idéal sociétal des Finlandais.

    Sur le fond et de manière plus générale, les politiciens cherchent, toute obédience politique confondue, le pouvoir: à se l’accaparer et à le préserver coûte que coûte le plus longtemps possible. C’est le béaba du monde merveilleux de la politique.


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