Груз 200, d’Aleksei Balabanov (2007)

08Oct08

URSS, 1984. Angelika, une jeune fille de 19 ans, sort en discothèque avec Valeria, le petit copain alcoolique de sa meilleure amie. Saoul, Valeria l’entraîne dans sa voiture et la conduit dans la campagne pour abuser d’elle. En chemin, il s’arrête pour boire encore un peu dans une ferme isolée où il a l’habitude de vendre de la drogue. Alors qu’elle l’attend dans la voiture, Angelika est prise de panique par le regard inquiétant et pervers du capitaine Jourov, un chef de police locale. Elle  quitte la voiture et s’enfuit pour s’enfermer dans une grange. Mais Jourov la retrouve, la viole et la kidnappe chez lui. Psychopathe détraqué et sadique, le capitaine Jourov lui fera vivre une véritable descente aux enfers…

Gruz 200 (Cargaison 200). Drame psychologique russe d’Aleksei Balabanov.
1h29, 2007.
Avec Agniya Kuznetsova (Angelika), Aleksei Poluyan (Capitaine Jourov), Leonid Bichevin (Valeria), Yuri Stepanov (Colonel Mikhaïl), Leonid Gromov (Professeur Artiom)…
Note: 12/20

C’est dans le cadre du Festival international du film d’Helsinki (FIFH) que j’ai eu l’opportunité d’assister à la projection du nouveau film de Balabanov. Pour ceux qui ne le connaîtraient pas encore, c’est l’un des réalisateurs les plus doués du cinéma russe contemporain. C’est lui qui a tourné le film « Vaïna » (Guerre) dont j’ai déjà rédigé la critique sur ce blog.

Dans son film, Balabanov dépeint la décadence psychologique du peuple soviétique sur fond de guerre en Afghanistan. Il y fait la critique d’une nation corrompue, alcoolique et dépravée, une société ayant perdue tout repère et qui tombe peu à peu dans la perversion et le sadisme. Les nostalgiques de la période soviétique n’ont qu’à bien se tenir. Ils ne pourront tout simplement plus tenir ce discours après avoir vu ce film.

Je ne tournerai pas autour du pot plus longtemps. Ce film est d’une violence psychologique extrême. Voyage au bout de l’enfer : tel aurait pu être le titre de ce film glauque et lugubre. La folie pernicieuse et sadique d’un chef de police s’abat sans merci sur une pauvre adolescente qui perdra tout d’un coup : virginité, famille, amour, innocence, raison de vivre. Certaines scènes du film sont d’une atrocité et d’une morbidité révoltante que Balabanov exploite à l’excès. Je vous épargne les détails répugnants…

La violence déroutante avec laquelle Aleksei Balabanov brosse le portrait d’une société soviétique névrosée a bien de quoi faire frémir. Porté par une musique appropriée et des acteurs talentueux, cette oeuvre cinématoghraphique n’en reste pas moins troublant et déroutant. Avec ce film, Balabanov tente de manière cinglante de prévenir ses compatriotes (dont une bonne partie regrette bien le mode de vie soviétique) du mal  qui les guette. Il veut en finir avec cette vision mélancolique du communisme qu’il réprouve et offre un spectacle horrible sur la déchéance humaine. Ames sensibles s’abstenir.

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