Nouvelles perspectives américaines (V)

14Nov08

La stratégie américaine en Europe

Tout au long de la campagne électorale américaine, les Européens se sont enflammés pour Barack Obama. En France, en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Espagne, en Finlande, l’Obamania a pris des proportions démesurées. On s’est mis à rêver d’un changement de cap sans précédent en matière de politique étrangère et de défense. On misait sur la capacité d’Obama à mener son pays vers le multilatéralisme, le pacifisme et la collaboration internationale, à l’instar de ce que les Américains appellent vulgairement la « Vieille Europe ». Vaine utopie ou conviction légitime ?

Obama 2008

Quoiqu’il en soit, la lune de miel entre Obama et les Européens risquent de tourner au vinaigre au fur et à mesure des déceptions et des désillusions européennes quant à la diplomatie que déploiera la nouvelle administration américaine. N’en déplaise à certains, Obama n’agira pas différemment de George Bush sur les dossiers de politique étrangère les plus importants pour la simple et bonne raison qu’aux Etats-Unis il y a un consensus commun sur certaines questions diplomatiques, tous partis confondus. En matière de politique étrangère, Bush n’a fait que poursuivre un ensemble de traditions nationales et le prochain président américain ne fera pas exception à cette règle.

flag-america-europeLa stratégie américaine en Europe ne risque pas d’être modifié en substance, d’autant plus que les Européens sont loin de proposer une position claire, précise, unie.  Ce cafouillis politique discrédite fréquemment Bruxelles et  pousse les Américains à développer une diplomatie bilatéraliste avec Londres, Berlin, Paris, Prague au détriment d’une politique multilatéraliste avec l’Union européenne prise comme ensemble  géopolitique distinct. Parce que les intérêts américains ne correspondent pas systématiquement à ceux de l’Europe, des désaccords de fond sont à prévoir.

Tout d’abord, sur le dossier afghan, Obama risque de faire pression sur les membres de l’OTAN pour qu’ils participent à l’effort de guerre en renforçant leurs capacités militaires, ce qui ne serait pas du goût des Européens qui prônent une solution plus politique pour reconstruire l’Afghanistan. Dans un monde globalisé où chaque grande puissance lutte pour la balance du pouvoir, les Américains ont tout intérêt à maintenir une forte présence militaire autour des « zones chaudes » de la planète et l’Afghanistan en est une.

L’élargissement de l’OTAN est une autre question qui risque de faire des étincelles. Les Américains souhaitent élargir la structure otanesque à l’UKraine et à la Géorgie, ce qui mécontente non seulement Moscou mais certaines capitales européennes (dont Helsinki, Tallinn, Riga et Vilnius) qui craignent une montée des hostilités qui pourrait ranimer les vieux démons de la Guerre froide. Des pressions américaines sur les pays de l’Est sont clairement prévisibles et cette intimidation pourrait diviser davantage l’Europe. Le projet du bouclier antimissile peut être directement reliée à ce phénomène. Là encore, les Européens ne s’entendent pas sur le bien fondé ou non de cette protection militaire, notamment parce qu’elle vexe la Russie voisine et augure des relations plus que tendues entre Américains, Européens et Russes.

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