Pleins feux sur Adolf Erik Nordenskiöld

16Nov08

Éminent géologue et minéralogiste finlandais, Adolf Erik Nordenskiöld restera dans les mémoires comme l’un des premiers scientifiques à avoir exploré l’Arctique. Erudit, passionné, intrépide, homme de terrain, collectionneur, activiste, cette sommité a passé sa vie à silloner la « Méditerranée boréale« . Auteur prolixe et cartographe à ses heures, il a laissé derrière lui une œuvre colossale d’environ 200 documents, dont une riche collection de cartes géographiques aujourd’hui conservée par l’Université d’Helsinki et référencée dans le registre Mémoires du Monde de l’UNESCO.

adolf-erikNé le 18 novembre 1832 à Helsinki, à l’époque du Grand Duché de Finlande, annexé à l’Empire russe 23 ans plus tôt, Adolf Erik Nordenskiöld fut bercé dès sa plus tendre enfance dans le monde fascinant des sciences naturelles. Issu d’une illustre famille de scientifiques suédophones (son père fut minéralogiste), le jeune Nordenskiöld vécut dans un grand domaine familial à Mântsälä, petit village non loin d’Helsinki, avant de fréquenter les bancs d’une école à Porvoo, une ville côtière du sud de la Finlande. En 1853, il obtint sa maîtrise à l’Université impérial d’Alexandre (aujourd’hui Université d’Helsinki) après des études de mathématiques, de chimie, de minéralogie et de géologie. Il publiera deux ans plus tard son mémoire intitulé « Om grafitens och chondrotitens kristallformer » (Sur les formes de cristaux de graphite et de chondrodite, en français).

En 1856, il fut nommé maître de conférence en minéralogie dans la même université et obtint une bourse avec laquelle il put étendre ses recherches géologiques à la Sibérie et au Kamchatka. Activiste, d’obédience libérale et proche des cercles anti-tsaristes qui revendiquèrent la libération de la Finlande lors de la guerre de Crimée, il fut remarqué lors d’un raout convivial au cours duquel il exposa explicitement ses vues sur la politique impériale. Jugeant son discours séditieux, les autorités russes le destituèrent, l’expulsèrent de l’université, lui interdirent d’enseigner dans toute université finlandaise et le forcèrent à l’exil. Suédophone, il immigra naturellement en Suède où il se vit confier les charges de directeur du Département minéralogique du Muséum d’histoire naturelle de Stockholm et de professeur en minéralogie à l’Académie suédoise royale des sciences. En 1863, il jura fidélité à Anna Maria Mannerheim, la tante du célèbre Général Carl Gustav Emil Mannerheim (le De Gaulle finlandais).

adolf_erik_nordenskiold_malad_av_georg_von_rosen_1886C’est en 1858 que sa carrière d’explorateur arctique s’amorça. Cette année, il reçut une invitation du géologue suédois Otto Torell qui le conviait à le joindre dans son expédition sur l’île de Spitzberg, dans l’archipel du Svalbard, à 500 kilomètres à l’est du Groenland, site dont les couches géologiques et les fossiles permettaient de mieux comprendre la dérive des continents. Il y découvrit notamment des fossiles de plantes datant du Cénozoïque (l’ère du Tertiaire) qui le rendirent célèbre. Après avoir participé à deux autres expéditions sur l’île de Spitzberg en 1861 et 1864, il prit le parti d’explorer les moindres recoins du plus petit océan du monde.

En 1870, il explora les rivages du Groenland et des îles environnantes. Il retourna sur l’île de Spitzberg en 1871 où il faillit perdre la vie après y avoir séjourner durant tout l’hiver. En 1872, il parvint à la plus haute latitude jamais atteinte à l’époque (+81° N’ 42 min) à bord du célèbre bateau à vapeur Sofia. Lors  d’une autre expédition, organisée en 1875, il longea la côte russe puis navigua sur le Ienisseï, un fleuve sibérien, à bord d’un petit vaisseau (la petite histoire raconte qu’il serait finalement rentrer chez lui, en Suède, par la voie ferroviaire). Il fut invité l’année suivante aux Etats-Unis en tant que jury lors d’une exposition universelle organisée à Philadelphie en l’honneur du centenaire de la Déclaration d’indépendance des Etats-Unis d’Amérique.

vegas-routeMais son expédition la plus célèbre reste celle qu’il organisa en 1878 dans le but de découvrir le Passage du Nord-Est qui lui permettrait de relier l’océan Atlantique à l’océan Pacifique en longeant la côte nord de la Sibérie. C’est à bord de la Vega qu’il réussit cet exploit historique. Partant de Karlskrona, une ville du sud de la Suède, le 22 juin 1878, il doubla le Cap Tcheliouskine durant le mois d’août. Après avoir subi quelques déconvenues lors du gel de son bateau à la fin du mois de Septembre alors même qu’il approchait le détroit de Béring, il fut le premier explorateur à traverser la Route maritime nord comme on l’appelle de nos jours. De cette épopée arctique, il nous reste aujourd’hui un monumental carnet de voyage de cinq volumes (que je n’ai pas encore lu !).

adolf_erik_nordenskiold_by_axel_jungstedt_19021Deux ans plus tard, Nordenskiöld reçut du roi de Suède le titre de baron et commandeur de l’Ordre de l’Étoile polaire, l’une des plus hautes insignes en Suède. En 1883, il explora à nouveau les côtes septentrionales du Groenland, toujours à bord de la Vega, et réussit à se frayer un chemin à travers la « grande barrière de glace« , un exploit qui n’avait jamais été réalisé auparavant. Louis Palander, capitaine de l’expédition, fut anobli et prit le nom de Palander af Vega. En 1893, le Baron Adolf Erik Nordenskiöld fut élu à l’Académie suédoise en hommage à son œuvre scientifique. Il mourut admiré de tous le 12 août 1901.

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