Le Mai 68 grec ou l’imposture démasquée

11Déc08

Samedi dernier, un adolescent était abattu par un policier dans un quartier d’Athènes. Les violents affrontements qui s’ensuivirent et qui persistent toujours, loin de présenter une quelconque analogie avec le mouvement contestataire de mai 1968, illustre l’ampleur du mouvement anarchiste en Grèce: sa pugnacité, sa structure, son organisation.

OFRTP-GRECE-EMEUTES-2-20081207Pour s’en prendre aussi rapidemment aux voitures, aux vitrines de petits commerces, aux devantures de banques, tout en bombardant les forces de l’ordre de projectiles en tous genres, il faut être organisé, posséder des effectifs matériels et humains conséquents, disposer au préalable d’une capacité de réaction rapide. C’est le cas des groupes anarchistes grecs qui, selon les estimations, compteraient entre 2 000 et 3 000 personnes, véritable « bataillon » prêt à foncer sur les policiers et à saccager tout ce qui se trouve sur son passage, au premier commandement. Il faut dire que les nouvelles technologies (internet et téléphones portables) favorisent  à l’évidence la capacité d’organisation de la mouvance anarchiste grecque.

OFRWR-GRECE-EMEUTES-20081207Les anarchistes sont depuis longtemps spécialistes d’actions violentes qu’ils pratiquent le plus souvent lors de manifestations étudiantes ou syndicales. Mais, cette fois-ci, leur activisme a été le détonateur d’une explosion politico-sociale en partie due à l’insécurité économique qui frappe la jeunesse, les chômeurs, les précaires et les sous-payés. La non-intervention initiale du gouvernement démontre à quel point l’activisme anarco-gauchistes est tolérée en Grèce, et ce même si celui-ci est à l’origine de multiples attentats contre des cibles publiques, diplomatiques ou encore économiques. Dans un pays où la société reste très politisée, et où les représentants de la nation ne jouissent pas d’une bonne image, la tolérance peut être un gage d’apaisement social.

Face à cette violence urbaine, on a souvent tendance à remettre en cause l’efficacité des forces de l’ordre, leur gestion des débordements, leur capacité d’organisation. Mais, selon moi, c’est le « droit d’asile » universitaire (interdiction formelle aux forces de l’ordre de franchir le seuil d’une faculté sans un mandat spécial) qui est le véritable problème : il offre un refuge injustifié aux casseurs, auc fauteurs de troubles, aux responsables de ces actes démesurés.

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2 Responses to “Le Mai 68 grec ou l’imposture démasquée”

  1. Hello,

    une analyse des plus intéressantes. Accessoirement cette histoire de droit d’asile, ou plutôt de neutralité des campus, existe aussi plus ou moins en France… mais nous avons eu la bonne idée de lui faire un sort lors des derniers débordements (notamment à la Sorbonne). Je ne suis pas renseigné là-dessus, mais est-ce une question de droit, ou est-ce juste un usage, cette immunité des campus ? Peut-être que tu peux me renseigner là-dessus…

    ++
    Matt G

  2. 2 Jérémy Felkowski

    Bonsoir,

    En Grèce, il s’agit surtout d’un usage. Le bon sens y côtoie le soucis de sécurité (aussi bien des étudiants que des forces de l’ordre). Je vous laisse imaginer ce que donnerait une bataille rangée dans les locaux d’une université athénienne…

    Il s’agit également d’une clause devant garantir une sorte de séparation entre l’organe répressif (si je peux utiliser ce terme pour la police) et l’éducation.


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