The Pumpkin Eater, de Jack Clayton (1964)

12Août09

The Pumpkin EaterJo a cinq enfants. Cette jeune femme, dont c’est le second mariage, rencontre un jour l’écrivain Jake Armitage duquel elle s’éprend amoureusement. Elle quitte alors son mari pour épouser Jake, alors que sa carrière prend son envol. Deux enfants naîtront de ce troisième mariage et Jo s’installera bon an mal an dans la maternité. A sa huitième grossesse, son mari se révolte et la force à l’avortement. En pleine dépression nerveuse, Jo consent à se faire stériliser, pensant ainsi sauver son mariage. Mais un jour, un ami de Jake, Bob Conway, lui révèle une vérité bouleversante: son mari la trompe et sa maîtresse, qui n’est autre que la femme de Bob, est enceinte.

Le mangeur de citrouilles. Drame britannique de Jack Clayton.
1h58, Sélection officielle du Festival de Cannes 1964.
Avec Anne Bancroft (Jo Armitage), Peter Finch (Jake Armitage), James Mason (Bob Conway), Janine Gray (Beth Conway), Sir Cedric Hardwicke (le père de Jo), Maggie Smith (Philpot)…
Note: 16/20.

Œuvre méconnue de la nouvelle vague britannique, The Pumpkin Eater mérite que l’on s’y attarde, ne serait-ce que pour son réalisme et la qualité de sa réalisation.  Psychologique et cérébral, le film se veut une étude sur le mariage, la maternité, l’isolement, la solitude, l’adultère.

Clayton signe ici une chronique esthétique des plus réussies, construite sur une série de flashbacks mêlant tour à tour amour et trahison, bonheur et tristesse, espoir et désespoir. Le contraste, saisissant, n’est pas sans rappeller un Godard ou un Truffaut. Le noir et blanc confère également à l’oeuvre une intensité émotionnelle et une pronfondeur philosophique inattendues. Le tout est chapeauté par une musique à la fois passionnée et dépressive, en écho aux émotions de Jo, le personnage principal.

Brillamment mis en scène, le film est aussi soutenu par une pléiade d’acteurs talentueux. A commencer par Anne Bancroft dont la finesse de jeu est absolument remarquable. Son interprétation d’une femme faible et névrotique, à la fois subtile et mystérieuse, lui a d’ailleurs valu une nomination aux Oscars et la palme de la meilleure actrice au Festival de Cannes en 1964. Peter Finch, l’inoubliable Oscar Wilde dans le film de Ken Hugues, offre une performance assez solide d’un Jake Armitage tourmenté, ballotté par des sentiments contraires.

Trois autres acteurs confirmés rejoignent, dans des apparitions éclair, la distribution: James Mason, Maggie Smith et Cedric Hardwicke. Mason, visiblement à son aise dans un rôle de méchant cynique, parvient à créer une atmosphère malsaine et dérangeante qui viendra menacer l’intégrité du couple Armitage. Sans jamais tomber dans l’exagération scénique, Maggie Smith, figure incontournable du théâtre anglais, semble également s’en être donner à cœur joie dans son rôle de Philpot, une jeune femme délurée dont l’impertinence troublera l’intimité de Jo et de Jake. Enfin, Sir Cedric Hardwicke, dont le talent n’est plus à démontrer, offre une fois de plus une brillante prestation, avec toute la virtuosité qu’on lui connait.

Un seul défaut vient émailler l’œuvre assez impeccable de Clayton. Le film souffre de longueurs qui auraient pu pour la plupart rester à la salle de montage. Il en découle une progression parfois trop lente du scénario, qui donne parfois l’impression de tourner en rond. Malgré ce défaut, le film reste d’une qualité honorable et ne manquera pas d’intéresser les cinéphiles avertis.

Une dernière interrogation (pour laquelle je n’ai pour l’instant pas de réponse) me vient à l’esprit en rédigeant cette critique: à quel personnage le titre du film fait-il référence ? Qui est ce mangeur de citrouilles ? Récompense promise à celui ou celle d’entre vous qui saura me trouver la bonne réponse et m’en expliquer la raison.

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2 Responses to “The Pumpkin Eater, de Jack Clayton (1964)”

  1. 1 Joël

    Salut Érik,

    J’ai bien aimé ta critique. Je dois admettre que je n’avais jamais entendu parler de ce film. J’essaierai de le visionner si j’arrive à mettre la main sur une copie!

    Bonne soirée,

    Joël

  2. 2 moqueurpoli

    Bonjour Joël,

    Ce film n’a jamais fait parler de lui, hormis peut-être en 1964 lors de sa présentation au Festival de Cannes. C’est une oeuvre qui mériterait clairement d’être mieux connue. Les copies de ce film sont rares: le film n’est pas édité en DVD, seulement en vidéocasssette. La copie que j’ai trouvée se trouve à
    La Boîte Noire, maison québécoise qui fait dans la location de films. La succursale se trouve à l’angle des rues St-Denis et Mont-Royal. Bon visionnage.


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